L’histoire du Croisic est intimement liée au développement des bains de mer à partir du 19ème siècle.
C’est à partir de la première moitié du 19ème siècle que le littoral français et notamment breton prend de l’importance aux yeux de certains français issus de l’aristocratie et de la bourgeoisie plus habituées aux destinations campagnes, chasses et bord de rivières.
Il y a parmi eux des romantiques à la recherche des espaces solitaires et sauvages propices à la rêverie, tel Chateaubriand qui y voyait dans les rivages inspiration et évasion et le monde de la médecine de l’époque qui répand le goût des bains de mer à des fins thérapeutiques.
C’est ainsi que la presqu’île guérandaise et les villages de Batz et Le Croisic vont connaitre leur essor touristique balnéaire avec notamment la visite d’Honoré de Balzac qui vient prendre des bains de mer au Croisic et qui le relate dans son roman Béatrix en 1838, suivi par d’autres écrivains venant séjourner eux aussi au Croisic tel Gustave Flaubert et Alfred de Musset.
Dès le milieu du 19ème siècle Le Croisic est une station balnéaire connue et fréquentée.

Dans la presqu’île de Guérande, seule la commune du Croisic est capable d’offrir les infrastructures et les ressources naturelles nécessaires à l’éclosion du tourisme balnéaire.
Une cité de corsaires, d’armateurs et de pêcheurs importante dans la région forte d’une population de plus de 2000 personnes, des hôtels, suffisamment de commerces et surtout la proximité avec les marais salants offrant le sel utilisé pour le traitement thérapeutique des malades et le mouvement des vagues des plages recommandés pour leur effet tonique sur le corps des baigneurs.
Ainsi tout était réuni pour faire du Croisic une station balnéaire à la mode.
C’est ainsi qu’ouvre le premier établissement en 1854, l’hôtel des Bains de l’Etablissement Deslandes près de la jetée du Tréhic, sorte d’institut marin à vocation double, touristique et médicale.
C’est l’arrivée du chemin de fer avec l’ouverture de la ligne Saint Nazaire-Le Croisic le 11 mai 1879 qui va apporter un second souffle au tourisme dans la presqu’île de Guérande.
En effet 3 trains relient quotidiennement Paris aux 5 stations de chemin de fer de la presqu’île et notamment Le Croisic son terminus.
Le chemin de fer va amener une clientèle nouvelle, des investisseurs qui vont développer la construction balnéaire et privée.
Au même moment le développement de l’automobile va avoir un impact décisif dans le développement des stations balnéaires de la presqu’île et notamment du Croisic où dés le début du 20ème siècle plusieurs architectes vont construire des villas à l’extérieur du bourg privilégiant la côte sauvage et la vue mer.
Plusieurs villas vont sortir de terre à St Goustan, au Castouillet, près de Pierre Longue et sur la plage de Port Lin, dont la Villa du Lin construit par nos aïeux à la fin du 19ème siècle, donnant naissance à une urbanisation linéaire sur le trait de côte de la presqu’île.
A partir des années 30, une alternance de dépressions et d’expansions rythme les activités balnéaires, le secteur du tourisme est devenu très sensible à la conjoncture, conjoncture économique comme la crise de 1929 qui suscite le marasme de la station balnéaire du Croisic, ou la conjoncture politique avec le déclenchement de la 2nde guerre mondiale qui fige l’économie locale de la presqu’île.
Il faudra attendre le tout début des années 50 pour voir un regain du secteur touristique sur la presqu’île avec la construction d’ensembles immobiliers importants notamment sur La Baule, prisé des vacanciers en raison de leur commodité car moins d’entretien qu’une villa. La 2ème caractéristique de la période est l’essor du camping, mode d’hébergement économique qui se développe beaucoup au Croisic (8 campings) car les terrains ne sont pas chers et l’ouverture de nombreuses colonies de vacances.
Tout cela entraine de profonds changements du secteur touristique, les modes d’hébergements en milieu balnéaire changent, l’hôtellerie première forme d’hébergement apparue est gravement touchée, parfois remplacée par de grands immeubles d’appartements, la petite hôtellerie perd aussi de la clientèle à cause des campings, la construction de nouveaux hôtels se fait fort rare.
La clientèle elle même change, moins nationale et internationale, plus régionale, beaucoup de nantais font du Croisic leur lieu de villégiature pour les week-ends, Nantes n’étant qu’à 1heure de route du Croisic.
Le Croisic reste une destination balnéaire qui tire son épingle du jeu de l’évolution générale du tourisme en bord de mer car c’est une destination qui a su conserver son charme, qui reste authentique, familiale et préservée par rapport à la Baule destination plus mondaine, plus parisienne.
Il n’en reste pas moins que le tourisme au Croisic est lié à l’évolution des pratiques de loisir et de santé en Bretagne jusqu’à aujourd’hui.
On y vient pour un tourisme de nature, aménagement du sentier côtier tout autour de la presqu’île, un tourisme de patrimoine, vieilles maisons d’armateurs, maisons à pans de bois, villas balnéaires du début du siècle, rues pavées, un tourisme maritime, le port de pêche reste un atout principal attractif.

Le Croisic garde son identité d’offres de soin pour les personnes en situation de handicap, malades ou en détresse sociale qui viennent y trouver les bienfaits de l’air marin afin d’aider à la guérison de certaines de leurs pathologies.
La Maison du Traict s’inscrit dans l’histoire balnéaire du Croisic au fil du temps et dans ce 2ème quart du 21ème siècle, elle offre la possibilité de séjourner dans une maison d’hôtes élégante, confortable au cœur du centre historique, point de départ idéal pour découvrir la petite cité de caractère et son environnement naturel exceptionnel.