Le Croisic un grand bol d’air entre terre, mer et patrimoine

Mes premiers pas au Croisic

Lorsque l’on vient pour la première fois au Croisic, il est bon de s’accaparer le territoire dans sa globalité, d’en saisir une vue d’ensemble et d’appréhender cette terre coincée entre océan et marais par son sentier côtier.

Depuis le 9ème siècle, Le Croisic n’est plus une île mais une presqu’île dont on peut faire le tour à pied en empruntant le sentier du littoral, le GR 34, 10 km d’une promenade iodée entre Océan Atlantique, étendues rocheuses, landes et les quais du port de pêche.

Je vous invite à démarrer votre balade de la gare TGV qui relie Le Croisic à Paris Gare Montparnasse en 3h15, Le Croisic terminus, et ce depuis la création de la ligne en 1884!

De là nous rejoignons la côte sud de la presqu’île, une côte sauvage découpée par des falaises qui tombent dans l’océan, où nichent de nombreux oiseaux marins.

Le sentier serpente sur le haut des falaises entre herbes et chatons qui tapissent le sol, offrant des points de vue fantastiques sur l’océan.

Notre passons la plage de Port Lin, quartier tranquille à l’écart du centre ville où certaines villas magnifiques dont la villa du Lin avec ses colonnes nous rappellent l’époque du début des bains de mer à la fin du 19ème siècle.

On passe près d’un moulin en longeant le parc de Pen Avel ancienne propriété de villégiature créée au 19ème siècle aujourd’hui couverte de chênes verts et d’essences méditerranéennes, puis la petite plage des Sables Menus, réputée pour son sable fin, le menhir de la Pierre Longue qui s’érige au haut d’une falaise à l’aplomb de la large surface plane du rocher du Grand Autel, lieu de possibles cérémonies celtiques anciennes.

Au fil du sentier des douaniers, nous nous arrêtons devant une ancienne vigie, dite vigie romaine, c’est le point culminant de la presqu’île, 12 mètres au dessus de la mer, ancien corps de garde du 18ème siècle.

Celui ci sera transformé en blockhaus doté de radars par les allemands pendant la guerre. Le bâtiment sera détruit et reconstruit en 1949 par l’architecte Chauvet. De là, la vue est imprenable et par beau temps on peut voir à l’horizon les îles de Houat, Hoëdic et Belle-Île-en-mer, un spectacle saisissant!

En redescendant de notre point culminant, nous longeant le fameux rocher de l’Ours, avant d’atteindre la pointe du Croisic, c’est la moitié du parcours. Là un magnifique golf 9 trous y a élu domicile, on « swinge et on putt » face à la mer, spectacle garanti!

Puis le paysage devient plus doux, les falaises sont remplacées par des étendues rocheuses ponctuées des baies sableuses du Castouillet et de Saint Goustan, qui font le bonheur des pêcheurs à pied de coquillages et de crevettes. Il y a foule lors des grandes marées!

A côté de la plage de Saint Goustan on trouve un lieu unique en France, une ferme marine, les Jardins de la Mer où l’on ramasse les algues pour la consommation fraiche ou transformée. Je vous invite à suivre leurs ateliers de cueillette et de cuisine passionnants.

La plage de Saint Goustan est le point d’entrée dans la cité du Croisic par son port de pêche et la criée.

On longe la petite plage, bordée par la jetée du Tréhic, longue de 858 mètres et construite entre 1839 et 1844, au bout de laquelle domine le phare du Tréhic érigé entre 1869 et 1872 et électrifié en 1950, qui du haut de ses 9 mètres marque l’entrée du traict et signale l’accès au port du Croisic.

Le Croisic est un port de pêche dynamique et renommé pour les crustacés, les langoustines, les crevettes, les coquillages tel que la coque.

Rien de tel que de flâner le long des quais lorsque les chalutiers rentrent au port, après plusieurs jours de pêche en mer et s’amarrent aux quais pour saisir l’ambiance au milieu du déchargement des caisses.

Toute la mer sur un plateau, du haut d’une grue, les caisses débordant de glaces recouvrant les langoustines, les soles tournent au milieu de la valse des chariots de manutention! C’est un spectacle vivant à ne pas louper!

De la criée, on a une vue extraordinaire sur l’ensemble du port du Croisic, son architecture datant du 16ème siècle et ses maisons d’armateurs. On prend de la hauteur en montant en haut du Mont-Lénigo qui surplombe l’entrée du port, offrant une vue fantastique sur la rade du Croisic et le traict petite mer intérieure qui alimente les marais salants de Guérande et qui au passage a inspiré le nom de votre maison d’hôtes, la Maison du Traict.

Notre balade se termine par une déambulation dans les rues du centre historique de la ville, qui a été classée Petite Cité de Caractère.

On laisse les quais pour s’enfoncer dans les petites rues étroites menant vers l’église, au passage, le nez en l’air, on admire les petites maisons en granit ou en pan de bois qui bordent les rues pavées.

Si vous avez la chance d’être là un jeudi ou un samedi matin, faites un détour par le marché couvert, construction des années 30 accolée au jardin de la Maison du Traict, très animé les jours de marché où vous pourrez rencontrer les producteurs locaux et prendre le pouls de la cité.

Notre randonnée découverte du Croisic et de son environnement naturel touche à sa fin, après 2h30 de marche sans se presser, au bout de 10 km de parcours, il est temps de prendre de la hauteur une nouvelle fois, sur l’autre mont, le Mont-Esprit au pied de la gare TGV et d’embrasser la vue imprenable de l’ensemble de la presqu’île et du port du Croisic.

Ces 2 monts, le Mont-Lénigo et le Mont-Esprit, de part et d’autre du port ne sont pas naturels. Ils s’élèvent à quelques 25 mètres de hauteur chacun et ont été construits avec les lests des bateaux qui à partir du 16ème siècle venaient de toute l’Europe pour acheter du sel et déchargeaient leur lest en échange du sel et d’autres marchandises.

D’ailleurs pour la petite histoire, certaines des pierres qui constituaient le lest de ces bateaux venant du nord de l’Europe au 16ème siècle, ont également servi à la construction de plusieurs maisons et granges dans le Croisic, notamment la Maison du Traict.

Lors de la rénovation de notre maison, nous avons pu remarquer la présence de certaines pierres originaires du Nord de l’Europe.

C’est sur ces précisons historiques que se termine la découverte du Croisic et j’espère que je vous aurais donné envie de venir vous balader sur notre presqu’île et d’y découvrir sa nature préservée, son architecture remarquable et son identité forte.